Tes mains, Des copines des miennes, Me caresseraient En rompant Une inertie à l`air mou Logée dans les entrailles Avant la faim
Chaque fois que tu me cherches Guidé par ta bouche Qui goûte poitrine à poitrine les doutes De la mémoire
Ou qui mord dans mes hanches Des désirs refoulés, Un arôme épais de frontières, Un arôme d´épices primitives Arriveront dans mon estomac Pour ronger L´assoupissement d´un peuple
Ainsi, mon ami ou mon obsession, Nous pourrions mieux entendre Le chant du coq
Des étangs jaunes et verts peu profonds, des rivières sèches ou débordées; le fleuve, les alouettes, les joncs. Un ciel sans visage rechauffé par les rayons d`un soleil de plomb, lourd, accablant, qui tombe sur les sillons marins. Ce nord bouillant a un caractère aquatique et ses eaux mêlent les saveurs des racines des arbres que les iguanes quittent pour aller s`enfoncer dans les cannes qui leur offrent le gîte. C`est la fièvre qui brûle la terre, c`est l`ardeur qui illumine la fournaise épaisse dont l`air de braises embrasse le fer de la canicule; des gouttes de sueur, des vapeurs humides, de la poussière aride. Grosse chaleur de nuages ou des espaces blancs de mirage; la matière, les insectes, les habitants de nouveaux et des anciens marécages couverts de regards d`oubli et des cris sourds sur les plages, te prient un peu de pitié cet été, cet hiver, cette année, pour une fois, s´il te plaît.